Mais qui sont les profils atypiques ?

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Photo by Cal Engel on Unsplash

Vous allez me dire : “atypiques? On parle de cette personne qui a changé 3 fois de carrière? Celui ou celle qui est le fameux mouton à 5 pattes? Ou de celui ou celle qui nous regarde bizarrement à la cafétéria?”

Le terme de profils atypiques est utilisé pour nommer les personnes hypersensibles, multipotentiels, asperger ou les hauts potentiels intellectuels (HPI). A la manière des “sensitifs” dans la série Sense8, quand on ne les connaît pas, on ne sait pas les reconnaitre et pourtant ils sont parmis nous :).

Je vous propose donc de vous les présenter et de vous expliquer leurs traits de personnalités.

Dans un prochain article, je prévois de vous parler en quoi ils peuvent être un plus pour l’entreprise, des pistes pour mieux travailler ensemble que l’on soit ou pas un atypique suite à mes différentes expériences et les lectures que j’ai pu faire.

Qui sont les hypersensibles?

Certaines personnes ont des “super pouvoirs” et n’en n’ont pas conscience. Ces personnes ont la capacité de ressentir les choses avec une intensité et une finesse plus importante que la majorité des gens. C’est pourquoi on les nomme les “hypersensibles”. Cette caractéristique a été étudié en premier en 1996 par Elaine Aron (dans The Highly Sensitive Person).

En général, ces personnes hypersensibles n’ont pas conscience de leur particularité, elles perçoivent ce super pouvoir comme une plaie car leurs émotions sont décuplées et parfois (souvent) trop envahissantes par rapport à ce qui est admis. C’est notamment le cas en entreprise où la sphère émotionnelle dans de nombreux contextes est peu admise.

Colère, larmes, joie tout est plus intense. Cela peut être compliqué à vivre pour la personne hypersensible mais également pour son entourage qui pense que la personne “exagère”. Pourtant, on nait hypersensible et on ne peut pas le changer. C’est une caractéristique pleine et entière de la personne au même titre qu’être grand ou avoir les yeux verts.

Là où pour moi je perçois un vrai don c’est que les personnes hypersensibles développent une grande empathie :

Au travail, ce sont des personnes à l’écoute de leur collègues comme de leurs clients ou utilisateurs. Elles n’agissent pas à des fins personnelles et font rarement preuve d’esprit de compétition. Elles fuient les conflits qui sont vécus comme des moments d’émotions négatives intenses difficiles à gérer. Elles vont donc chercher à travailler dans l’harmonie avec leurs collègues ou équipe.

Parmi les aspects plus négatifs, il faut citer :

  • le besoin de calme ou de se retirer un moment lorsque la journée a été très active et stimulante
  • une sensibilité aux bruits, lumières, mouvements
  • une préférence pour l’observation plutôt que pour l’action

En résumé, une personne hypersensible n’aura vraiment pas sa place dans un open space.

Enfin, autre atout considérable, du fait de la manière particulière d’observer et d’analyser les événements, les hypersensibles ont une très bonne intuition. Or l’intuition est également difficilement admise dans le milieu professionnel car il manque souvent l’argumentaire logique et conscient qui échappe à l’intuition pour l’expliquer.

Les personnes hypersensibles représentent entre 15 et 20% de la population.

Qui sont les multipotentiels?

Certains parmi vous, savent exactement ce que vous voulez faire depuis votre enfance ou votre adolescence. D’autres, trouvent leur voie durant les études et vont progresser dans leur carrière en restant dans le même type d’activité.

Mais pour d’autres, même une fois une carrière engagée, la question de ce qu’ils ont envie de faire continue de se poser.

Si je devais décrire le fonctionnement d’une personne multipotentielle (multipotentialite en anglais) ce serait sous la forme d’un “ressort”. Le multipotentiel va s’intéresser à un sujet avec une grande curiosité et avidité, le creuser, apprendre tout ce qu’il peut dessus, arriver à un bon niveau de maitrise et il va commencer à s’ennuyer… car il aura atteint un niveau de maîtrise suffisant sur le sujet pour en comprendre une grande partie.

Il va ensuite découvrir un nouveau sujet qui aiguise sa curiosité et repartir dans un cycle d’apprentissage rapide et presque compulsif jusqu’à, à nouveau finir par s’ennuyer.

C’est une dynamique constante dans sa vie, le multipotentiel a besoin de très régulièrement être stimulé par de nouveaux apprentissages. Et il excelle à cela. En anglais, on parle aussi de “fast learner”, ces personnes capables d’appréhender un nouveau sujet très rapidement.

En tant que multipotentiel ou recruteur, cela peut sembler un inconvénient de ne jamais approfondir réellement un sujet ou de changer régulièrement de voie. Pourtant, il s’agit là encore de qualité intéressante à explorer. Le multipotentiel est un personne qui fait preuve :

  • d’une grande adaptabilité
  • d’un apprentissage rapide et efficace
  • de créativité

Aujourd’hui, on entend de plus en plus régulièrement parler des “slasheurs”, ces personnes qui cumulent les activités, les boulots, les passions comme par exemple Hélène Picot qui se décrit comme :

“coach/auteure/conférencière/créatrice de la méthode “Rêvez, Osez, Foncez: 3 mois pour trouver sa voie!”/cultivatrice urbaine/media et speech-traineuse/animatrice d’atelier relaxation et méditation en entreprise”

Je ne peux que vous recommandez d’aller voir le parfait TedX d’Emilie Wapnick qui m’a fait découvrir la multipotentialité.

Qu’est ce qu’un haut potentiel?

Pour finir, je voulais vous parler des hauts potentiels intellectuels (HPI). On les appelle également surdoués, Haut QI (HQI) ou zèbres. La difficulté ici est déjà de s’émanciper du stéréotype associé au terme surdoué·e d’où les multiples dénominations pour parler de ces personnes représentants 2,5% de la population au fonctionnement particulier.

L’image populaire d’une.e surdoué.e c’est le petit génie, le savant fou, le geek aux lunettes qui baragouine quelque chose qu’on ne comprend pas bien. C’est une bête curieuse qui fascine : il inquiète et en même temps on l’admire, un peu, car il a une intelligence hors norme. Il peut calculer des opérations incroyables par ex.

En fait, un HPI c’est surtout un homme ou une femme très souvent hypersensible, très intuitif, avec un raisonnement rapide et différent, extrêmement curieux et avide d’apprendre.

Le haut potentiel intellectuel fonctionne différemment, cela a été prouvé grâce à des études où l’on a pu observer le fonctionnement cérébral de surdoués sous IRM. Tout comme les personnes hypersensibles, c’est une façon d’être innée qu’il n’est pas possible de modifier (bien sûr, comme tout le monde un surdoué peut changer et s’améliorer).

Cela en fait des gens extrêmement lucides sur leurs connaissances et leurs capacités et donc des personnes prises de doute et souvent victime du syndrome de l’imposteur.

Dans une interview de Christelle Petitcollin, j’ai retenu ce passage qui résume très bien le paradoxe entre l’intelligence et le doute :

« Un savant a lu plus de mille ouvrages et il doute toujours. Un intégriste n’en a lu qu’un seul, mais est persuadé de détenir la vérité ».

Le doute est un corollaire de l’intelligence. Plus on est intelligent, plus on se remet en cause, plus on essaye de voir le point de vue de l’autre, de trouver des solutions.

Les surdoués ont bien conscience de leurs difficultés, ils perçoivent leurs points faibles avec acuité, par contre, ils ont beaucoup plus de mal à connaître leurs atouts.

Plus que leur intelligence “supérieure”, pour moi, la caractéristique principale d’un.e surdoué.e est son empathie et sa grande sensibilité. Leurs émotions sont très présentes dans tout ce qu’ils font. Ils ont un grand sens de la justice et comme les hypersensibles veulent souvent aider les autres voire sauver le monde. Ils sont à la recherche de sens dans ce qu’ils entreprennent et tout comme les multipotentiels et les hypersensibles, ils souffrent d’un manque de stimulation. L’ennui est un grand ennemi.

Ce sont des personnes très créatives grâce à ce fonctionnement cérébral particulier qui leur permet de faire des liens inédits entre les choses.

Que retenir?

Je pourrais encore écrire beaucoup sur ces 3 profils, et ils existent une littérature importante sur le sujet des personnes hypersensibles ou surdouées.

Ce que je souhaitais surtout partager par cet article, c’est la connaissance de ces profils dits atypiques qui vont pour certains ne pas avoir un parcours professionnel linéaire ou qui ne vont pas se fondre dans le paysage de l’entreprise. Ils seront mis en difficulté parfois lors d’interactions sociales ou tout simplement du fait de leur environnement de travail peu adapté à leur particularité. Mais ces profils atypiques représentent presque 20% de la population. Cela représente 15 à 20 personnes rien que dans une entreprise de 100 personnes.

Ne serait il pas bon de les connaître? Ne serait il pas bon qu’elles en prennent conscience elle-même?

Ne serait il pas intéressant de les reconnaître afin d’utiliser tous leurs talents? Car le réflexe de ces profils atypiques va être de se conformer, de gommer leur différences pour s’adapter, passer inaperçus au détriment de leur vraie nature et de leurs compétences particulières.

Dans le prochain article, je vous décrirai dans quelles situations ces profils atypiques peuvent être un atout et comment travailler ensemble est possible.

Au plaisir de vous lire dans les commentaires.

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