Pourquoi je me disperse ?

La dispersion, partir dans tous les sens, commencer 10 projets différents en finir aucun, ça vous évoque des choses ? C’est un trait assez commun chez les atypiques. Peut-être plus encore chez les hauts potentiels dont les idées carburent plus vite que leur ombre. Et avec leur enthousiasme naturel qui leur donne des ailes, ils se retrouvent avec plein de projets commencés, mais pas l’énergie ou la foi pour les terminer.

Pourquoi on se disperse, en quoi ça pose problème et qu’est ce qu’on peut faire pour éviter cela ? Autant de questions auxquelles j’aimerais vous donner des réponses

Pourquoi on se disperse quand on est HP ?

1- Parce que cela agit comme un tampon émotionnel

Parmi les besoins spécifiques chez les personnes à haut potentiel, il y a

  • le besoin de stimulation intellectuelle
  • le besoin de complexité
  • le besoin d’autonomie
  • le besoin de créativité

Bien sûr, ces besoins ne sont pas spécifiques uniquement aux HP, mais ils sont particulièrement intenses.

Quand on a une vie professionnelle où ces besoins ne sont pas remplis, on va chercher à les nourrir d’une manière ou d’une autre. Ces besoins sont intenses. Si on n’y répond pas, on a la sensation de dépérir. Une frustration énorme se créée. On peut alors avoir recours à ce qu’on appelle un tampon émotionnel. C’est une activité qui va nous permettre de gérer l’émotion désagréable que l’on ressent. Cela peut être une addiction comme l’alcool, la nourriture, la cigarette. Et parfois, une activité comme regarder des séries, le sport.

2- Parce qu’on a besoin de la procrastination

Dans le fonctionnement assez étrange des surdoués, il y a cette propension à la procrastination. Dans cette phase-là, en général, on culpabilise beaucoup de ne pas avancer sur la tâche que l’on est censé faire.

Pourtant, chez tout le monde, cela fait partie de la phase d’idéation (comment naissent les idées) :

  • D’abord, on rassemble plein d’informations.
  • On recherche ensuite une solution et quand cela ne vient pas, on s’interrompt.
  • L’insconscient prend alors le relais. On ne se rend pas compte de ce qu’il se passe alors, mais notre cerveau est en train de travailler sur cette problématique.
  • Et là, eurêka ! Voilà une piste, une idée qui nous sort de l’ornière. On peut alors la travailler, la dégrossir et la solution est là !

Cette phase de procrastination est nécessaire en réalité pour avancer.

Ces dernières années, j’ai appris à identifier ce processus et à y faire confiance. Ce sont souvent les plus beaux de mes projets qui ont éclos après une bonne phase de procrastination.

Et comme me le faisait remarquer une de mes clientes, quand nous avons plusieurs chantiers en cours, il est parfois nécessaire d’en mettre un sur pause pendant la phase de procrastination. Et le besoin d’avancer, de ne pas stagner nous amène à en commencer un autre.

3- Parce qu’on veut éviter l’ennui

L‘ennui, pour notre cerveau qui a besoin de stimulation intellectuelle, est presque un poison. Cela peut nous rendre totalement marteau. On a besoin de s’occuper. On recherche parfois la gratification immédiate. Que ce soit en faisant défiler indéfiniment notre fil sur notre réseau social préféré ou en ouvrant un énième nouveau livre.

À une époque de ma vie de salariée, le soir arrivait chez moi, je n’avais qu’une envie, c’était de tresser des bracelets brésiliens. C’était mon petit rayon de soleil dans ma journée. Cela répondait alors à mon besoin de créativité, d’autonomie en créant un objet de bout en bout et de stimulation intellectuelle puisque je devais apprendre une nouvelle technique.

L’ennui est très difficilement supportable notamment pour les personnes multipotentielles. Et pourtant, c’est une étape nécessaire pour rebondir vers un nouveau projet. Cela dit, il ne faut pas confondre s’éparpiller parce que l’on ne sait pas quoi faire et gérer plusieurs activités en parallèle. Les multipotentiels ont besoin de gérer plusieurs activités dans leur vie sans que cela soit qualifié de dispersion.

4- Parce qu’on est victime de la fatigue mentale

La fatigue mentale peut être générée par trop de stimulation intellectuelle, d’analyse et de rumination mentale, également par un trop-plein d’émotions. C’est un état de stress qui nous pousse alors à agir encore plus. On appelle cela la sur-stimulation. Hypersensible, haut potentiel ou multipotentiel sont sujets à cette sur-stimulation.

Je suis capable de repérer quand je suis en sur-stimulation quand je commence à me persuader que je suis en retard. Au lieu, de faire le point sur ce que j’ai à faire, je vais alors me précipiter sur la première tâche que j’ai en tête et zapper de tâche en tâcher, parfois sans rien finir. Car je n’ai pas l’énergie pour observer que je suis en réalité en train de me disperser.

Comment rester focus et éviter de se disperser ?

Maintenant, que nous avons vu les raisons qui nous poussent à nous disperser, j’ai envie de vous donner les astuces qui m’ont aidé à limiter ce phénomène de dispersion :


1 – Prendre le temps de s’organiser

Le matin, avant de me lancer tête baissée dans ma journée de travail (et personnelle), je me pose la question de ce que je souhaite accomplir dans la journée. Je note 3 points maximum. Vouloir en faire plus m’a toujours été contre-productif puisque je me sentais sous pression d’y parvenir.
À la fin de la journée, je prends également le temps de revenir sur ma liste de tâches de la journée. Quand je m’aperçois que j’ai fait tout ce que j’avais à faire, j’ai toujours cette sensation d’avoir réussi ma journée. C’est une sensation ultra réconfortante de savoir que je parviens à mes objectifs.

2 – Fermer les dossiers

Vous avez déjà remarqué que votre ordinateur ramait sévèrement quand vous aviez laissé trop d’onglets ouverts ?
C’est pareil avec tous les sujets en cours que nous avons géré. Même si on n’y pense pas en permanence, ils reviennent à nous régulièrement dans la journée en mode « Ah oui, c’est vrai, j’ai ça à faire ». Alors, pour vider le cache de nos pensées (pardon pour cette analogie de geek), je vous invite à :

  • Commencez par lister ce qui est en cours : les livres pas finis, les travaux dans la maison, les sujets à traiter …
  • Puis, décidez de ce que vous voulez faire de ces « unfinished business ». Pour moi, j’ai décidé de ne plus m’acheter de nouveaux livres tant que je n’aurais pas fini les livres en cours (7 à ce moment-là) puis de ne plus en commencer deux en même temps. J’ai également décidé de ne plus faire deux choses à la fois le soir comme regarder un film et jouer un jeu sur mon téléphone. Mais comme j’avais du mal, j’ai installé une application de digital détox.
  • Trouvez les règles qui vous conviennent, des règles douces.

Pour un de mes clients, décider de lâcher certaines tâches était très difficile. Il avait la sensation d’un immense gâchis s’il ne finissait pas tout. Et en même temps, il avait parfois besoin de commencer des nouveaux. D’où beaucoup culpabilité… Et si, ce n’était pas du gâchis si vous ne finissez pas ce que vous avez commencé ? Et si vous imaginiez que ce sont des projets que vous mettez au grenier ? Ils ne sont pas perdus par contre, il ne vous encombre plus !

3- Faire une pause

Que ce soit en méditant, en se relaxant, en partant marcher, via la cohérence cardiaque, faire une pause dans notre éparpillement peut être salvateur. Cette dispersion est peut-être liée à notre envie de trop bien faire, à notre peur d’échouer. Nous sommes alors, inconsciemment, poussé à en faire plus par peur de ne pas être assez. Et nous mettons la main dans l’engrenage. Notre cerveau semble tourné à plein régime et on ne sait plus comment l’arrêter.

Faire une pause, observer ses pensées n’est pas chose aisée quand on en a pas l’habitude. Mais cela s’apprend petit à petit. Au départ, il peut être judicieux de s’aider en programmant des alarmes sur son téléphone à heure fixe. Une pause cela peut tout simplement prendre le temps de bien respirer (respiration ventrale) et de se reconnecter aux sensations de son corps.

À RETENIR : Se disperser en faisant des tâches qui ne sont absolument pas essentielles est peut-être une stratégie pour gérer vos émotions.
La procrastination n’est pas nécessairement mauvaise. C’est parfois une étape importante où inconsciemment, on élabore une solution.
La fatigue mentale et l’ennui ont tendance à accentuer le problème de la dispersion.
S’organiser dans ces journées et clore les « unfinished business » peuvent être des bons outils pour éviter la fatigue mentale et ainsi limiter la dispersion.

Publié par Virginie Cotel

Je m’appelle Virginie Cotel. Après 13 ans à créer des logiciels et sites web pour de grandes entreprises, j’ai souhaité me reconvertir. Le jour où j’ai découvert que j’étais surdouée, mes perspectives ont changé et j’ai enfin accepté que mon envie d’accompagner des personnes était ce qui avait le plus de sens pour moi.

3 commentaires sur « Pourquoi je me disperse ? »

  1. J’ai gagné ma journée en lisant cette page 😀 je suis aussi un acheteur frénétique de livre et quelquefois au bout de quelques lignes j’en ai assez. Mais c’est aussi super agréable quand l’occasion se présente de retrouver un livre inachevé..enfin comme toi je vais arrêter les frais pour un moment car c’est des dizaines de livres que j’ai à peine regardé, de plus j’ai envie de tirer des choses productives de ces livres. Une psychologue m’avait parlé d’un principe d’entonnoir entre tout ce que je pouvais avoir envie de lire de faire… et à la fin à la place qu’il y a pour faire passer le « concret ». Hâte de lire tes autres pages

    1. Merci Laurent. Je suis contente que ce que j’écrive puisse être utile. Cet article je l’ai rédigé après des échanges très enrichissant lors de coaching en groupe. Comme quoi nous sommes loin d’être seul à se disperser !

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