Comment j’ai découvert que j’étais surdouée

Je pense que la nouvelle de ma douance m’a fait prendre conscience à quel point les valeurs humaines sont importantes pour moi

C’était un soir de janvier, il faisait nuit alors qu’il n’était que 18h, j’entrais dans le cabinet de la psy complètement stressée, j’osais à peine laisser battre mon cœur tellement j’attendais de connaître les résultats de ce test. J’avais 34 ans quand j’ai découvert que j’étais surdouée.

Dans cet article je souhaite partager la façon dont je l’ai vécu et par quelles interrogations je suis passée. A l’époque, je cherchais désespérément ce type de témoignage pour me donner du courage. Peut être à votre tour vous sentirez-vous moins seul.e face à ce changement qui se profilent devant vous.

Que ce mot est difficile : « Surdoué·e ». Comme sa représentation dans la société est à côté de la plaque. A l’instar de beaucoup de monde, il y a encore 2 ans lorsqu’on me parlait de surdoués, j’imaginais : des enfants surtout, et des enfants phénomènes de foire qui savent répondre à toutes les questions et qui font des choses bizarres comme collectionner des coléoptères… Je pensais au petit génie, à Einstein. Bref, des gens qui vivent dans un autre monde que le mien, des gens bien supérieurs à moi car « méga-intelligents ».

C’est si loin de la réalité.

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Et j’ai découvert la douance

La douance est un terme emprunté à nos cousins québécois pour désigner les surdoués. Je l’aime bien ce mot, je le trouve doux et un peu mystérieux. Beaucoup moins péremptoire que surdoué.

C’est en lisant l’article de Béatrice Duka que j’ai découvert ce que vivait un adulte surdoué au travail. Lire que ces adultes surdoués avaient une boulimie d’apprentissage, qu’ils étaient capables de percevoir ce qui va de travers dans un processus même très complexe, le syndrome de Cassandre (deviner comment les choses vont se réaliser sans être en capacité de l’expliquer et donc être compris), la difficulté à travailler sur des choses répétitives, le besoin de stimulation permanent, les stratégies d’adaptation pour se fondre dans le moule, la sensation de décalage par rapport aux autres… Tout cela a été une révélation pour moi. Je l’ai vécu comme une véritable illumination : ainsi tous ces différents “symptômes” que j’ai ressentis depuis mon enfance avaient une explication logique?

Et pourtant, ma première réaction a été : mais je ne suis pas intelligente! Je veux dire par là : je ne suis pas « méga-intelligente ». Certes, j’ai fait une école d’ingénieur mais j’ai eu des difficultés, je ne l’ai pas fait en dilettante.

Je me suis demandé s’il était possible de ressentir tous ses symptômes et ne pas être surdouée?

Redécouvrir son passé

Après cette découverte, que j’ai vécue comme l’ouverture d’une porte sur un tout nouvel univers, j’ai fait une boulimie d’informations 🙂

J’ai commencé à rechercher tous les articles sur internet qui parlent des adultes surdoués, qui permettent de se dire si oui ou non vous êtes surdoués. J’ai regardé des vidéos, des interviews, découvert des blogs.

Ce qui m’aurait aidé à ce moment là, cela aurait été de lire un livre sur le sujet mais je ne me l’autorisais pas encore. Vous imaginez ? L’arrogance que c’est de penser que l’on est supérieur aux autres : surdoué? Moi, qui doute en permanence, qui n’arrivais pas à trouver un job qui me plaise plus de 2 ans?

Plus je lisais sur l’hypersensibilité, l’hyperesthésie, le déficit d’inhibition latente, le besoin de stimulation, les doutes, la lucidité des personnes surdouées, etc, plus je revivais des moments de mon enfance et plus je les voyais maintenant sous un autre angle. J’ai cherché tous les indices qui auraient pu me prouver que c’était possible que je fasse partie des 2,5% de la population avec un QI supérieur à 130 mais au final, j’avais toujours ce doute. Et ce doute m’occupait l’esprit en continu. J’avais besoin de savoir, d’avoir des réponses. Cela pouvait expliquer tellement de choses sur mon parcours, les souffrances vécues.

Passer le test

Un jour, j’ai pris mon courage à 2 mains et j’ai appelé 3 ou 4 psy spécialisés dans la douance pour faire passer le test de QI. J’ai pris le temps de parler avec eux au téléphone pour sentir si c’était la bonne personne à qui j’allais confier mes doutes. Je me sentais vulnérable et je voulais avoir un oreille attentive.

J’ai fait un premier entretien avec la personne qui m’a paru la plus à l’écoute. J’ai raconté mes doutes sur ma douance, les indices que j’avais pu glaner jusque là. Elle m’a demandé si je me sentais en décalage. J’ai répondu que j’avais toujours senti une forme de différence à l’autre, comme une barrière entre nous. J’avais surtout senti que mes émotions me débordaient et qu’elles gênaient en entreprise particulièrement. J’ai eu l’impression de “jouer” à la surdouée après tout ce que j’avais lu pour être enfin reconnue.

Dans un second rendez-vous, j’ai passé le “fameux” test de QI. J’avoue qu’entre-temps j’avais cherché à me préparer en essayant des tests sur Internet. Personnellement, je les trouve complètement bidons et peut être heureusement car le pire serait d’être vraiment préparé à ce test et de biaiser les résultats.

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Au final, on ne réussit ou n’échoue pas à ce test. Ce n’est pas un examen, c’est un test qui doit permettre de révéler la façon dont fonctionne notre cerveau. Il y a tout intérêt à l’aborder de façon authentique. Étonnamment, j’étais assez sereine pour le passer ce test qu’il allait répondre à mes milliers d’interrogations. J’étais dans cette optique de faire ce dont j’étais capable et puis on verrait ensuite ce que cela signifie.

Le jour du résultat

Oui, le plus dur pour moi n’a pas été de passer le test. Cela a été d’entendre les résultats et d’en assimiler la conclusion.

Je me trouvais donc dans le cabinet de la psy et puis celle-ci me dit : “Bon, c’est pas mal”. Alors, que pensez-vous que j’ai entendu dans cette phrase? J’ai entendu : “Vous êtes intelligente mais pas surdouée, faudrait pas rêver non plus”. Et ensuite, mon cerveau s’est bloqué. La psy a tranquillement expliqué tous les subtests (les différentes parties qui composent le test de QI) et ce que les résultats peuvent expliquer du fonctionnement de mon cerveau, mais celui a complètement buggé. Dans un brouillard, j’ai entendu que mes résultats étaient hétérogènes et donc qu’un chiffre ne pouvait pas être calculé ce qui est souvent le cas chez les surdoués.

Juste avant de partir, le manteau sur le dos, j’ai tout de même réussi à prononcer la phrase : “Et donc, si je devais retenir un chiffre ce serait lequel?” Et cette fois elle m’a montré un intervalle de chiffres sur le compte-rendu que j’avais dans les mains depuis le début mais que je n’arrivais même pas à lire, en me disant : “ Ce serait celui-ci”. Et cela voulait dire que j’étais bel et bien surdouée car au-dessus de 130 de QI.

Telle wonder woman

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Le temps de redescendre dans la rue, mon cerveau s’est lentement remis en marche et a commencé à assimiler la réponse. Pendant un instant, je me suis sentie extraordinaire! Moi? Je suis surdouée! Ouaaaaaah!

J’avais donc des supers pouvoirs telle wonder woman, j’étais bien surdouée, je ne m’étais pas fait des films à me sentir différente? J’ai ressenti pour une fois dans ma vie, une forme de fierté, mon estime de moi est remontée en flèche. J’étais sur un nuage.

Et puis quoi?

Ensuite, c’est à dire le lendemain, est venu un temps assez long, où la nouvelle de ma douance n’avait pas vraiment de sens. J’avais l’impression d’avoir un chiffre en plus en poche sans savoir ce que cela impliquait dans mon quotidien. En quoi ce chiffre, pouvait il m’aider à me sentir mieux au travail, à trouver du sens dans ma vie?

Qu’est ce que je fais comme une surdouée, qu’est ce que je fais comme tout le monde? En quoi je suis “anormale”? Comment font les autres?

Mais tout cela est une autre histoire.

Et vous, comment avez vous appris que vous étiez haut potentiel intellectuel?

Deux ans après le résultat du test

Aujourd’hui, deux années ont passé depuis le résultat des tests. Quand je regarde ces deux années, j’ai plaisir à penser que tout a changé pour moi ou presque. Mais surtout que cela change encore des choses jour après jour.

La nouvelle de ce haut potentiel a été une vraie révélation. Cela m’a donné les codes, une grille de lecture sur mon identité, mon rapport aux autres, le sens que je souhaite donner à ma vie, la façon dont je peux rendre ce besoin de sens présent au quotidien.

Finalement j’ai gagné en clarté, en compréhension et en ambition. C’est comme si, pendant toutes ces années, j’avais nagé dans le brouillard en sentant confusément que quelque chose n’allait pas et sans savoir où j’allais. Pas tout le temps, pas avec tout le monde mais souvent. C’est au travail que je le ressentais le plus: avec l’ennui, le besoin de stimulation, le besoin d’apprendre encore et toujours de nouvelles choses et la difficulté d’être hypersensible dans le monde du travail. J’étais souvent trop: trop perfectionniste, trop émotive, trop convaincue par une méthode… ou alors trop démotivée, trop ennuyée.

Le résultat de ce test m’a avant tout, apportée des réponses à ces angoissantes questions « qui suis-je? », « comment je fonctionne? » et surtout « pourquoi je ne peux pas me contenter de ce que j’ai déjà? ». Car ces questions tournaient en boucle en moi: quel métier je peux faire dans lequel je ne m’ennuierai pas? Et pourquoi je n’arrive pas à me sentir bien là où je suis comme tant d’autres personnes?

Peu à peu m’autoriser à être qui je suis

En lisant beaucoup de livres sur le sujet, en écoutant des interviews ou en regardant des émissions, en rencontrant d’autres hauts potentiels, j’ai peu à peu compris ce que cela impliquait: le besoin de créativité, d’apprentissage ou l’importance des valeurs humaines. J’ai accepté que cela me constitue.

Le fait que je pleure sur mon scooter au feu parce que je vois une famille de syriens avec des enfants de 1 ou 2 ans dans le froid et démunis ne fait pas de moi quelqu’un de faible comme je l’ai longtemps pensé. Non, c’est une expression de l’hypersensibilité. A moi d’en faire ce que je souhaite ensuite.

J’ai changé mon regard sur les particularités de ma personnalité qui me faisaient me sentir en décalage et je les ai peu à peu acceptées.

J’ai modifié par exemple, mon rythme de travail. J’ai compris que je fonctionne par cycle : avec des moments forts, extrêmement productifs, dynamiques en étant pleine d’énergie, de ressources, de motivation, puis des moments de baisse d’énergie avec un besoin de repos pour récupérer de la phase d’avant, où je n’ai plus envie de rien faire.

Aujourd’hui je suis devenue coach en développement personnel pour répondre au besoin de sens dans ma vie, activer mes valeurs humaines en accompagnant des personnes aux profils atypiques qui traversent les interrogations que j’ai pu connaître. Enfin, ce métier est également plus en adéquation avec mon fonctionnement en pics d’activité et en phases calmes.

Un besoin d’authenticité

Sans être dans la revendication de ma douance, je cherche à être authentique dans ma relation avec les autres. Une tendance chez les filles et femmes surdouées est de s’adapter aux personnes pour éviter les conflits, être acceptées, aimées jusqu’à parfois se construire un faux-self.

Je ne cherche plus à plaire à tout le monde. Je cherche à être en harmonie avec ce que je ressens, pense, fais. Et finalement, cela passe par peu de choses: il a suffi que j’exprime ce que je voulais pour ne plus avoir à faire ce que je ne voulais plus. En demandant à mon entreprise de me former au coaching, celle-ci a refusé et proposé une rupture conventionnelle. Je suis alors devenue freelance et je me suis financé ma formation. Cette situation me convient tellement plus que la précédente. J’ai cessé d’être inconfortable dans un métier en osant dire ce que je souhaitais.

Un besoin de sens

Je pense que la nouvelle de ma douance m’a fait prendre conscience à quel point les valeurs humaines sont importantes pour moi. Cela m’a donnée la force d’abandonner un métier qui paie bien, que je maîtrisais, dans lequel j’étais reconnue, pour aller vers l’inconnu du métier de coach de vie.

Ce métier active mes valeurs humaines, d’écoute, de transmission comme rarement je pouvais le faire avant. Tandis que mon besoin de stimulation est pleinement rempli: je découvre tant de choses en voulant comprendre l’être humain.

Fallait-il passer ce test de QI pour savoir qui je suis ?

J’avais besoin de passer ce test pour avoir des réponses sur mon identité. Et le résultat a soulevé beaucoup de questions, de doutes. Cela m’a amenée à revoir de nombreuses choses établies comme mon métier, ma façon d’interagir avec les autres, ce qui compte ou non pour moi et comment faire en sorte d’être congruente et authentique.

Tout cela est extrêmement positif et bien qu’être différente est toujours compliqué, je suis heureuse de le savoir pour en tirer le meilleur parti.

Apprendre à se connaître me paraît fondamental dans son parcours de vie. J’ai gagné confiance en moi en étant enfin alignée avec mes valeurs profondes et mes aspirations.

Je souhaite à chacun d’apprendre à mieux se connaître pour pouvoir mieux se réaliser.


Si vous aussi vous souhaitez apprendre à vous connaître, j’accompagne les personnes hypersensibles et surdouées à aller à la rencontre d’elle-même afin de créer leur place. Si vous êtes prêts pour ce voyage, pourquoi ne pas tenter la séance découverte gratuite que je vous propose ?

Mais qui sont les profils atypiques ?

Vous allez me dire : “ atypiques ? On parle de cette personne qui a changé 3 fois de carrière ? Celui ou celle qui est le fameux mouton à 5 pattes ? Ou de celui ou celle qui nous regarde bizarrement à la cafétéria? ”

Le terme de profils atypiques est utilisé pour nommer les personnes hypersensibles, multipotentiels, asperger ou les hauts potentiels intellectuels (HPI). A la manière des “sensitifs” dans la série Sense8, quand on ne les connaît pas, on ne sait pas les reconnaitre et pourtant ils sont parmis nous :).

Je vous propose donc de vous les présenter et de vous expliquer leurs traits de personnalités.

Dans un prochain article, je prévois de vous parler en quoi ils peuvent être un plus pour l’entreprise, des pistes pour mieux travailler ensemble que l’on soit ou pas un atypique suite à mes différentes expériences et les lectures que j’ai pu faire.

Qui sont les hypersensibles?

Certaines personnes ont des “super pouvoirs” et n’en n’ont pas conscience. Ces personnes ont la capacité de ressentir les choses avec une intensité et une finesse plus importante que la majorité des gens. C’est pourquoi on les nomme les “hypersensibles”. Cette caractéristique a été étudié en premier en 1996 par Elaine Aron (dans The Highly Sensitive Person).

En général, ces personnes hypersensibles n’ont pas conscience de leur particularité, elles perçoivent ce super pouvoir comme une plaie car leurs émotions sont décuplées et parfois (souvent) trop envahissantes par rapport à ce qui est admis. C’est notamment le cas en entreprise où la sphère émotionnelle dans de nombreux contextes est peu admise.

Colère, larmes, joie tout est plus intense. Cela peut être compliqué à vivre pour la personne hypersensible mais également pour son entourage qui pense que la personne “exagère”. Pourtant, on nait hypersensible et on ne peut pas le changer. C’est une caractéristique pleine et entière de la personne au même titre qu’être grand ou avoir les yeux verts.

Là où pour moi je perçois un vrai don c’est que les personnes hypersensibles développent une grande empathie :

Au travail, ce sont des personnes à l’écoute de leur collègues comme de leurs clients ou utilisateurs. Elles n’agissent pas à des fins personnelles et font rarement preuve d’esprit de compétition. Elles fuient les conflits qui sont vécus comme des moments d’émotions négatives intenses difficiles à gérer. Elles vont donc chercher à travailler dans l’harmonie avec leurs collègues ou équipe.

Parmi les aspects plus négatifs, il faut citer :

  • le besoin de calme ou de se retirer un moment lorsque la journée a été très active et stimulante
  • une sensibilité aux bruits, lumières, mouvements
  • une préférence pour l’observation plutôt que pour l’action

En résumé, une personne hypersensible n’aura vraiment pas sa place dans un open space.

Enfin, autre atout considérable, du fait de la manière particulière d’observer et d’analyser les événements, les hypersensibles ont une très bonne intuition. Or l’intuition est également difficilement admise dans le milieu professionnel car il manque souvent l’argumentaire logique et conscient qui échappe à l’intuition pour l’expliquer.

Les personnes hypersensibles représentent entre 15 et 20% de la population.

Qui sont les multipotentiels?

Certains parmi vous, savent exactement ce que vous voulez faire depuis votre enfance ou votre adolescence. D’autres, trouvent leur voie durant les études et vont progresser dans leur carrière en restant dans le même type d’activité.

Mais pour d’autres, même une fois une carrière engagée, la question de ce qu’ils ont envie de faire continue de se poser.

Si je devais décrire le fonctionnement d’une personne multipotentielle (multipotentialite en anglais) ce serait sous la forme d’un “ressort”. Le multipotentiel va s’intéresser à un sujet avec une grande curiosité et avidité, le creuser, apprendre tout ce qu’il peut dessus, arriver à un bon niveau de maitrise et il va commencer à s’ennuyer… car il aura atteint un niveau de maîtrise suffisant sur le sujet pour en comprendre une grande partie.

Il va ensuite découvrir un nouveau sujet qui aiguise sa curiosité et repartir dans un cycle d’apprentissage rapide et presque compulsif jusqu’à, à nouveau finir par s’ennuyer.

C’est une dynamique constante dans sa vie, le multipotentiel a besoin de très régulièrement être stimulé par de nouveaux apprentissages. Et il excelle à cela. En anglais, on parle aussi de “fast learner”, ces personnes capables d’appréhender un nouveau sujet très rapidement.

En tant que multipotentiel ou recruteur, cela peut sembler un inconvénient de ne jamais approfondir réellement un sujet ou de changer régulièrement de voie. Pourtant, il s’agit là encore de qualité intéressante à explorer. Le multipotentiel est un personne qui fait preuve :

  • d’une grande adaptabilité
  • d’un apprentissage rapide et efficace
  • de créativité

Aujourd’hui, on entend de plus en plus régulièrement parler des “slasheurs”, ces personnes qui cumulent les activités, les boulots, les passions comme par exemple Hélène Picot qui se décrit comme :

“coach/auteure/conférencière/créatrice de la méthode “Rêvez, Osez, Foncez: 3 mois pour trouver sa voie!”/cultivatrice urbaine/media et speech-traineuse/animatrice d’atelier relaxation et méditation en entreprise”

Je ne peux que vous recommandez d’aller voir le parfait TedX d’Emilie Wapnick qui m’a fait découvrir la multipotentialité.

Qu’est ce qu’un haut potentiel?

Pour finir, je voulais vous parler des hauts potentiels intellectuels (HPI). On les appelle également surdoués, Haut QI (HQI) ou zèbres. La difficulté ici est déjà de s’émanciper du stéréotype associé au terme surdoué·e d’où les multiples dénominations pour parler de ces personnes représentants 2,5% de la population au fonctionnement particulier.

L’image populaire d’une.e surdoué.e c’est le petit génie, le savant fou, le geek aux lunettes qui baragouine quelque chose qu’on ne comprend pas bien. C’est une bête curieuse qui fascine : il inquiète et en même temps on l’admire, un peu, car il a une intelligence hors norme. Il peut calculer des opérations incroyables par ex.

En fait, un HPI c’est surtout un homme ou une femme très souvent hypersensible, très intuitif, avec un raisonnement rapide et différent, extrêmement curieux et avide d’apprendre.

Le haut potentiel intellectuel fonctionne différemment, cela a été prouvé grâce à des études où l’on a pu observer le fonctionnement cérébral de surdoués sous IRM. Tout comme les personnes hypersensibles, c’est une façon d’être innée qu’il n’est pas possible de modifier (bien sûr, comme tout le monde un surdoué peut changer et s’améliorer).

Cela en fait des gens extrêmement lucides sur leurs connaissances et leurs capacités et donc des personnes prises de doute et souvent victime du syndrome de l’imposteur.

Dans une interview de Christelle Petitcollin, j’ai retenu ce passage qui résume très bien le paradoxe entre l’intelligence et le doute :

« Un savant a lu plus de mille ouvrages et il doute toujours. Un intégriste n’en a lu qu’un seul, mais est persuadé de détenir la vérité ».

Le doute est un corollaire de l’intelligence. Plus on est intelligent, plus on se remet en cause, plus on essaye de voir le point de vue de l’autre, de trouver des solutions.

Les surdoués ont bien conscience de leurs difficultés, ils perçoivent leurs points faibles avec acuité, par contre, ils ont beaucoup plus de mal à connaître leurs atouts.

Plus que leur intelligence “supérieure”, pour moi, la caractéristique principale d’un.e surdoué.e est son empathie et sa grande sensibilité. Leurs émotions sont très présentes dans tout ce qu’ils font. Ils ont un grand sens de la justice et comme les hypersensibles veulent souvent aider les autres voire sauver le monde. Ils sont à la recherche de sens dans ce qu’ils entreprennent et tout comme les multipotentiels et les hypersensibles, ils souffrent d’un manque de stimulation. L’ennui est un grand ennemi.

Ce sont des personnes très créatives grâce à ce fonctionnement cérébral particulier qui leur permet de faire des liens inédits entre les choses.

Que retenir?

Je pourrais encore écrire beaucoup sur ces 3 profils, et ils existent une littérature importante sur le sujet des personnes hypersensibles ou surdouées.

Ce que je souhaitais surtout partager par cet article, c’est la connaissance de ces profils dits atypiques qui vont pour certains ne pas avoir un parcours professionnel linéaire ou qui ne vont pas se fondre dans le paysage de l’entreprise. Ils seront mis en difficulté parfois lors d’interactions sociales ou tout simplement du fait de leur environnement de travail peu adapté à leur particularité. Mais ces profils atypiques représentent presque 20% de la population. Cela représente 15 à 20 personnes rien que dans une entreprise de 100 personnes.

Ne serait il pas bon de les connaître? Ne serait il pas bon qu’elles en prennent conscience elle-même?

Ne serait il pas intéressant de les reconnaître afin d’utiliser tous leurs talents? Car le réflexe de ces profils atypiques va être de se conformer, de gommer leur différences pour s’adapter, passer inaperçus au détriment de leur vraie nature et de leurs compétences particulières.

Dans le prochain article, je vous décrirai dans quelles situations ces profils atypiques peuvent être un atout et comment travailler ensemble est possible.

Au plaisir de vous lire dans les commentaires.